jeudi, août 14, 2008

Comment le web change le monde – l’alchimie des multitudes

Facebook, Twitter, Craiglist, Myspace, Flickr certains noms sont familiers, ou le seront l’année prochaine avant que d’autres ne les remplacent. Bienvenue dans le monde du web 2.0

Bon Ok comme nous l’expliquent les auteurs de « Comment le web change le monde, l’alchimie des multitudes », il ne faudrait pas employer cette expression impropre à définir les évolutions du web et son impact sur le monde réel.

Mais plus que la question de la dénomination, le livre est intéressant parce que derrière son titre un peu trop emphatique se cache un bon travail de recensement de ce qui est entrain de se passer sur la toile.

En plus, l’éditeur m’a gracieusement envoyé le livre après que Francis Pisani, dont je suis régulièrement le blog, transnet.fr a eu l’idée de faire chroniquer par des bloggeur le bouquin qu’il a écrit avec Dominique Piotet. Je me colle donc avec plaisir à la tâche.

A partir d’un matériau important, études, contributions d’analystes et interviews, ils esquissent les contours du web d’aujourd’hui et de sa caractéristique principale : l’Internet est maintenant collaboratif et donne à voir une forme d’intelligence collective.


L’irruption des webacteurs

Le web est une plateforme sur laquelle on peut presque tout faire : produire, communiquer, commercer. Il permet d’interagir par le biais des commentaires et même la contribution. Ces contenus générés par les utilisateurs prennent une valeur désormais exploitée par les grands portails du net, laissant entrevoir un nouveau modèle économique associé à l’économie de la connaissance.

Du statique au dynamique, le web a changé de nature. Youtube, Flickr, Myspace proposent à la fois des données (vidéo, photos, textes, info) et des services (publication, classement, diffusion, partage) en s’appuyant notamment sur le mouvement des logiciels libres qui offrent de nouvelles compétences et outils aux internautes : la technologie s’efface permettant à tout un chacun de valoriser ses données et productions. Les webacteurs prendraient le pouvoir pour façonner les nouveaux contenus interactifs.


L’envers du net

Il y a beaucoup d’esbroufe autour du web et la multiplication de ses pseudos-experts, le développement de sa novlangue ne sont pas sans rappeler les délires de la nouvelle économie en son temps. Surtout qu’en se développant, la pratique du web satisfait bien notre fascination pour la technologie, le média. Mais les auteurs ne sombrent pas dans le magique et relèvent quand même les fissures dans le réseau. Qui récupère la valeur collectivement créée sur le net ? certainement pas les webacteurs… Entre le "crowdsourcing", qui permet aux entreprises de faire faire gratuitement le boulot par les internautes et une participation collective à un bien commun (type wikipedia), la différence est mince. Quelle est l’utilisation des données personnelles ainsi collectées ? Comme toujours, celle des acteurs marginaux du champ s’en préoccupent. Enfin, la fracture numérique change de nature. Si le réseau est désormais accessible, la « digital literacy » est loin d’être partagée. Cette compétences devient essentielle dans l’usage du web : capacité à se servir d’un ordinateur, à trouver de l’information, à la resituer dans son contexte, à créer et à diffuser des messages.

Un point que ne soulèvent pas les auteurs c’est aussi le renforcement de l’omniprésence de la publicité qui reste pour le moment le seul débouché financier.


Ce qui m’a bien plu : une remise en cause des hiérarchies

La question du classement des infos sur le web est assez intéressante : sur les nouvelles plateformes, il n’existe pas une forme de classement supérieure aux autres. Les choses peuvent avoir plusieurs places simultanées, plusieurs classements possibles. Le classement revient à chacun selon ses propres catégories et non selon une hiérarchie d’experts. Cette multitude de classement enrichit le sens collectif. Cela traduit bien l‘émergence de ces internautes amateurs qui organisent le savoir. On pourrait presque parler d’une collaboration horizontale, en réseau, qui augure de nouveaux modes de production. Reste que dans les pratiques professionnelles, l’ère de la collaboration et de la coopération n’est pas encore avancée, l’évolution culturelle est encore devant nous.

Autre intérêt, l’impact sur le travail des média. La participation remet en cause le rôle et la manière de fonctionner de ces média. Les journalistes n’ont plus le monopole face aux « pro-ams », ces amateurs qui mobilisent les outils de comm’ avec une exigence de professionnels. Ce qui bouscule la morgue journalistique mais nous oblige aussi à revoir nos sources d’information tout en les diversifiant.

Enfin, 3e focus perso, je cherchais dans ce livre des pistes pour un modèle économique pour la coproduction avec d’autres sur un outil web. Malheureusement pas encore de modèle vraiment clair, entre la pub et l’abonnement. J'en suis quitte pour continuer ma quête de la poule aux œufs d'or...

En tous cas une lecture bien stimulante et un une bonne mise à niveau sur ces nouvelles pratiques qui impactent(ront) nos vies.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Bravo pour ce commentaire.
Il faut que j'achète ce livre.
Moi, ce qui me gène, et pour l'informatique en général, c'est cette langue anglaise (je vais dire "autre") absolument présente partout ! Que des gens d'une région de la planète soient plus dégourdis que d'autres, tant mieux. Cela fait avancer les choses !
Mais , une fois que l'on a adopter cette nouvelle façon, il faut pouvoir le faire dans sa langue pour bien communiquer; il faut programmer dans sa langue pour créer des choses qui seront peut-être intéressantes. Un ordi est une machine qui ne comprend que les 0 & 1 pour le passage ou non de l'électricité. Hors, Tous les "langages" pour communiquer avec lui sont faits de mots anglais ! Ceci frêne énormément les initiatives. Parce que je me suis aperçus que seuls les vraiments « forts » pratiques cette autre vrai langue. Sur ces sites yanckees : a)il faut curieusement donner ses coordonnées; b)étant des "épiciers", c'est d'abord leur dollar qui compte; c)comme tout leur sert pour dominer, "oncle Sam" doit être derrière. Heureusement, il y a des gars, chez eux, qui promeuvent le Libre ! Avec des "langages" de progragram. dans les langues des diff. pays pour communiquer avec cette merveilleuse machine qu'est l'ordi, je suis sûr que ça ira mieux encore. Évidemment, les singes humains français, notamment, qui "profitent" de la situe pour dominer, ne seront pas d'accord !
Francis

Christophe a dit…

Intéressant ce dernier post ; je ne suis pas très web 2.0 et ne parviens pas à publier un commentaire facilement
je n'ai pas pu m'empêcher de relever un certain nombre de fautes de grammaire ou d'orthographe que tu pourras peut être corriger.

oui au partage, si possible dans une langue correctement formulée (c'est le moins que l'on puisse faire pour défendre la nôtre en tout cas, même si, sur le fond, la généralisation de l'english ne me gêne pas du tout et me donne moins de scrupule quant à son orthodoxie).